Contexte et prospérité des années 1920
Après la Première Guerre mondiale, les États‑Unis connaissent une période de forte croissance économique, souvent appelée les « Roaring Twenties ». La production industrielle augmente de plus de 50 % entre 1920 et 1929, tandis que les profits connaissent une hausse de 43 % contre seulement 8 % pour les salaires sur la même période. Cette divergence crée un déséquilibre entre la richesse des entreprises et le pouvoir d’achat des travailleurs.
Le crédit à la consommation se développe rapidement : pour acheter des actions, il suffit d’un apport initial de 10 % du prix total, le reste étant financé à crédit. Cette facilité encourage la spéculation, mais les investisseurs cherchent surtout à revendre rapidement pour réaliser une plus‑value, et non à toucher des dividendes.
Déclencheurs de la crise
En 1929, plusieurs facteurs convergent :
- Une surproduction agricole qui fait chuter les prix, ruinant les fermiers avant même le krach boursier.
- Un protectionnisme croissant, illustré par le tarif Hawley‑Smoot qui augmente les droits de douane sur plus de 20 000 produits importés.
- Un retrait brutal des capitaux américains d’Europe en 1930, déclenché par le krach de Wall Street.
Le krach boursier de 1929
Le premier jour de panique survient le Jeudi Noir, le 24 octobre 1929. Le Mardi Noir a lieu le 29 octobre, et non le 24 comme une fausse affirmation le prétendrait. Ce krach entraîne une chute brutale des cours, suivie d’une vague de faillites bancaires.
Entre 1929 et 1933, près de 9 000 banques américaines ferment leurs portes. Contrairement à une idée reçue, les banques n’ont pas conservé les dépôts dans leurs coffres : l’argent était largement prêté ou investi, laissant les établissements sans liquidités lorsqu’une crise de confiance survient.
Conséquences économiques
La production industrielle américaine est divisée par deux entre 1929 et 1932, illustrant la profondeur de la récession. La déflation qui s’ensuit entraîne une baisse générale des prix, réduisant les profits des entreprises.
Le protectionnisme américain a un impact désastreux sur le commerce mondial : entre 1929 et 1933, le commerce mondial perd deux tiers de sa valeur. Le taux de chômage aux États‑Unis atteint près de 25 % en 1933, soit un quart de la population active sans emploi.
Sur le plan social, apparaissent des bidonvilles improvisés appelés Hoovervilles, moquant le président Herbert Hoover. La région du Midwest subit la catastrophe écologique du Dust Bowl, qui touche surtout l’Oklahoma et le Kansas, et non le sud du pays comme une fausse affirmation le suggère.
Répercussions politiques et réponses
En Europe, la crise se manifeste différemment : la cause principale est le retrait des capitaux américains et les faillites bancaires, alors qu’aux États‑Unis le déclencheur est le krach boursier. Cette différence influence les réponses politiques.
En Allemagne, le chômage croissant favorise la montée du parti nazi, qui obtient 37,3 % des voix aux élections législatives de juillet 1932. Le lien entre chômage et soutien nazi est explicite : chômage ↑ → soutien nazi ↑.
Le New Deal
Face à la crise, le président Franklin D. Roosevelt lance le New Deal, structuré autour des « 3 R » :
- Relief : aide d’urgence aux plus démunis.
- Recovery : relance de l’économie.
- Reform : réformes structurelles pour éviter une nouvelle crise.
Parmi les réformes majeures, la Glass‑Steagall Act de 1933 sépare les banques de dépôt des banques d’affaires, limitant les risques liés à la spéculation.
John Maynard Keynes propose le multiplicateur keynésien, soulignant que les dépenses publiques peuvent stimuler la demande globale et sortir l’économie de la dépression.
Comparaison avec la crise de 2008
La crise financière de 2008 diffère de celle de 1929 sur plusieurs points essentiels :
- En 1929, les banques sont laissées à la faillite, entraînant une contraction du crédit.
- En 2008, les gouvernements interviennent massivement, sauvant les banques et injectant des liquidités pour stabiliser le système financier.
Cette différence montre l’évolution des politiques économiques et la prise de conscience des risques systémiques.
Résumé des points clés
| Thème | Fait marquant |
|---|---|
| Croissance industrielle 1920‑1929 | +50 % |
| Profits vs salaires 1923‑1929 | Profits +43 % ; Salaires +8 % |
| Apport initial actions à crédit | 10 % |
| Début de la panique boursière | Jeudi Noir, 24 oct 1929 |
| Banques fermées 1929‑1933 | ≈ 9 000 |
| Production industrielle 1929‑1932 | Divisée par 2 |
| Commerce mondial 1929‑1933 | -66 % |
| Chômage US 1933 | ≈ 25 % |
| Vote nazi juillet 1932 | 37,3 % |
| New Deal – 3 R | Relief, Recovery, Reform |
| Loi Glass‑Steagall | 1933 |
| Différence 1929 vs 2008 | Banques laissées à faillite vs banques sauvées |


