Typologie des erreurs et orthographe française
Comprendre les différentes catégories d’erreurs que les apprenants rencontrent est essentiel pour améliorer leurs compétences en orthographe française . Parmi les erreurs les plus…

Dans la nouvelle orthographe, comment s’écrit le nombre vingt‑et‑un ?
Quel procédé de formation de mots consiste à ajouter un préfixe ou un suffixe à un mot existant ?
Dans la phrase « Il a mangé les bonbons que j’ai achetés », pourquoi le participe passé « achetés » s’accorde ?
Quel est le principal objectif du Pacte d’excellence concernant les deux orthographes ?
Typologie des erreurs orthographiques en français
Comprendre les différentes catégories d’erreurs que les apprenants rencontrent est essentiel pour améliorer leurs compétences en orthographe française. Parmi les erreurs les plus fréquentes, on distingue notamment les erreurs à dominante phonogrammique, morphogrammique, phonétique et les confusions d’homophones.
Erreur à dominante phonogrammique
Ce type d’erreur se produit lorsque l’enfant maîtrise le son mais choisit un graphème inapproprié. Par exemple, écrire ph au lieu de f dans le mot phare alors que le son /f/ est correctement perçu. Cette difficulté reflète une méconnaissance des correspondances entre sons et lettres, un problème typique de la phase d’acquisition du système phonographique du français.
Erreur à dominante morphogrammique
Dans ce cas, l’apprenant connaît le graphème mais ne parvient pas à associer le bon son. Il s’agit souvent d’une méconnaissance des règles morphologiques, comme la différence entre c et ç selon le contexte.
Erreur à dominante phonétique
Ces erreurs concernent la prononciation du son, mais le graphème choisi est correct. Elles sont moins fréquentes en orthographe écrite, mais peuvent influencer la dictée.
Confusion d’homophones
Les homophones (ex. son / sont) sont des mots qui se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment. Une mauvaise sélection du bon homophone constitue une erreur d’homophonie, souvent liée à une méconnaissance du sens du mot dans le contexte.
La nouvelle orthographe : comment écrire "vingt‑et‑un"
Depuis la réforme de la nouvelle orthographe, certaines règles de typographie ont été clarifiées. Le nombre vingt‑et‑un s’écrit désormais avec un trait d’union sans espace autour du et. Cette norme vise à uniformiser l’écriture des nombres composés et à faciliter la lecture.
- Exemple correct :
vingt‑et‑un - Formes incorrectes :
vingt et un,vingt‑et‑un(avec espaces),vingt‑et‑un(double tiret)
Adopter cette règle améliore la cohérence du texte et répond aux exigences des examens de français modernes.
Les procédés de formation des mots en français
Le français possède plusieurs mécanismes pour créer de nouveaux mots. Le plus répandu est la dérivation, qui consiste à ajouter un préfixe ou un suffixe à un mot existant.
Dérivation
La dérivation permet d’enrichir le vocabulaire sans changer la catégorie grammaticale du radical. Exemples :
- préfixe re‑ + voir → revoir
- suffixe ‑able + lis → lisible
Autres procédés
- Composition : assemblage de deux mots (ex. porte‑avion).
- Redoublement : répétition d’un élément (ex. tout‑tout).
- Emprunt : adoption d’un mot étranger (ex. le weekend).
Maîtriser ces procédés aide les élèves à décoder le sens des néologismes et à enrichir leur expression écrite.
L’accord du participe passé avec l’auxiliaire « avoir »
Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct (COD) lorsque celui‑ci est placé avant le verbe. Cette règle s’applique indépendamment du temps verbal.
Exemple illustratif
Dans la phrase « Il a mangé les bonbons que j’ai achetés », le participe passé achetés s’accorde parce que le COD les bonbons est placé avant le verbe avoir (dans la proposition relative « que j’ai achetés »).
- Si le COD était après le verbe : « Il a acheté les bonbons », aucun accord n’est nécessaire.
- Avec l’auxiliaire être, le participe s’accorde toujours avec le sujet (ex. « Elle est partie »).
Cette règle est cruciale pour la rédaction d’écrits académiques et pour la réussite aux épreuves de français.
Le Pacte d’excellence et la coexistence des deux orthographies
Le Pacte d’excellence a été mis en place pour répondre aux enjeux pédagogiques liés à la nouvelle orthographe et à l’ancienne orthographe. Son objectif principal est de permettre la coexistence des deux systèmes orthographiques sans pénaliser les élèves.
Principaux axes du Pacte
- Offrir aux enseignants des ressources pédagogiques adaptées aux deux orthographies.
- Garantir que les évaluations nationales acceptent les deux formes, à condition qu’elles soient cohérentes dans le même texte.
- Encourager la maîtrise de la règle orthographique la plus pertinente selon le contexte d’usage (ex. texte administratif vs texte littéraire).
En pratique, cela signifie que les élèves peuvent choisir d’écrire vingt‑et‑un ou vingt et un selon les consignes, à condition de respecter la cohérence interne du texte. Le Pacte vise ainsi à réduire l’anxiété liée à l’orthographe et à favoriser une meilleure maîtrise du français écrit.
Conclusion et bonnes pratiques pour les enseignants
Pour accompagner efficacement les élèves dans l’apprentissage de l’orthographe française, il est recommandé de :
- Identifier le type d’erreur (phonogrammique, morphogrammique, homophone) afin de cibler l’intervention pédagogique.
- Intégrer les règles de la nouvelle orthographe dès le primaire, en insistant sur les traits d’union et les espaces.
- Utiliser des exercices de dérivation pour enrichir le vocabulaire et renforcer la compréhension des préfixes et suffixes.
- Faire travailler les élèves sur l’accord du participe passé avec des phrases à COD placé avant le verbe.
- Appliquer les principes du Pacte d’excellence pour garantir la flexibilité orthographique et éviter les pénalités inutiles.
En suivant ces stratégies, les enseignants contribueront à une meilleure maîtrise de l’orthographe, à la fois traditionnelle et réformée, et prépareront les élèves aux exigences des examens et de la vie quotidienne.
