
Scintigraphie et prise en charge des goitres thyroïdiens
La scintigraphie thyroïdienne est un examen d’imagerie fonctionnelle qui permet d’évaluer l’activité de la glande thyroïde. Elle joue un rôle clé dans le diagnostic et la prise en charge des…

Un patient présente une scintigraphie « blanche ». Quelle est la cause la plus probable?
Quel examen est de première intention pour évaluer la présence d’un goitre?
Quel critère d’échographie EU‑TIRADS correspond à un risque élevé de malignité?
Quelle est l’indication principale de la scintigraphie chez un patient en euthyroïdie avec un goitre multinodulaire?
Quel facteur rend l'iode 123 préférable à l'iode 131 pour l’imagerie diagnostique?
Quel symptôme n’est pas typiquement associé à la maladie de Basedow?
Quel examen permet de différencier les formes de thyrotoxicose de type 1 et type 2 chez un patient sous amiodarone?
Quel critère clinique justifie l’IRAthérapie chez un patient âgé avec hyperthyroïdie?
Quel facteur est une contre‑indication absolue à la scintigraphie thyroïdienne?
Introduction à la scintigraphie thyroïdienne et à la prise en charge des goitres
La scintigraphie thyroïdienne est un examen d’imagerie fonctionnelle qui permet d’évaluer l’activité de la glande thyroïde. Elle joue un rôle clé dans le diagnostic et la prise en charge des goitres, qu’ils soient simples, multinodulaires ou associés à une thyrotoxicose. Ce cours reprend les concepts essentiels testés dans le questionnaire, en les développant de façon pédagogique et optimisée pour le référencement naturel (SEO).
1. Le radiopharmaceutique de référence en scintigraphie thyroïdienne diagnostique
Le technétium‑99m (pertechnétate) est le traceur le plus utilisé pour la scintigraphie thyroïdienne diagnostique. Il possède une affinité élevée pour les cellules folliculaires, est rapidement capté et éliminé, ce qui permet d’obtenir des images claires en quelques minutes.
Pourquoi le technétium‑99m est privilégié ?
- Capture rapide par la thyroïde grâce à l’iodure de pertechnétate.
- Rayonnement de courte durée, limitant l’exposition du patient.
- Disponibilité et coût raisonnable dans la plupart des services de médecine nucléaire.
Mnémotechnique : « T 99 m → Thyroïde » – le « T » de Technétium rappelle la thyroïde, et le « 99 m » indique le radio‑isotope le plus utilisé.
2. Interprétation d’une scintigraphie « blanche »
Une scintigraphie dite « blanche » signifie qu’aucune activité radioactive n’est détectée dans la zone étudiée. Dans le contexte thyroïdien, la cause la plus fréquente est la saturation iodée complète du tissu thyroïdien.
Mécanisme de la saturation iodée
- L’iode présent en excès bloque les transporteurs d’iodure, empêchant la fixation du technétium‑99m.
- Le traceur ne peut donc plus être capté, d’où l’image « blanche » sur le gamma‑caméra.
Astuce mnémotechnique : « Blanc = Bloqué » – le tissu est « bloqué » par l’iode, donc aucune capture.
3. L’examen de première intention pour le goitre
L’échographie thyroïdienne est l’examen de première intention lorsqu’on suspecte un goitre. Elle est non invasive, rapide, peu coûteuse et fournit des informations détaillées sur la taille, la forme, la vascularisation et la présence de nodules.
Avantages de l’échographie
- Détection précise des nodules solides ou kystiques.
- Évaluation du EU‑TIRADS (système de classification du risque de malignité).
- Guide les procédures ultérieures comme la biopsie à l’aiguille fine (BAF) ou la chirurgie.
Mnémotechnique : « E » comme « Écho », « E » comme « Examen de première intention ».
4. Le système EU‑TIRADS et le risque de malignité
Le EU‑TIRADS classe les nodules thyroïdiens selon le risque de malignité. Le score 5 correspond à un risque élevé, avec une probabilité de cancer comprise entre 26 % et 87 %.
Classification simplifiée
- Score 2 : 0 % de malignité (nodule bénin).
- Score 3 : 2‑4 % de malignité (risque faible).
- Score 4 : 6‑17 % de malignité (risque modéré).
- Score 5 : 26‑87 % de malignité (risque élevé).
Mnémotechnique : « 5 étoiles, haut risque » – comme une note maximale indique un danger maximal.
5. Indication principale de la scintigraphie chez un patient euthyroïde avec goitre multinodulaire
Chez un patient euthyroïde présentant un goitre multinodulaire, la scintigraphie a pour objectif principal de déterminer la fonction des nodules (hyperfonctionnels ou non). Cette information oriente le choix thérapeutique :
- Les nodules chauds (hyperfonctionnels) sont généralement bénins et peuvent être traités par radio‑iodothérapie ou surveillance.
- Les nodules froids (hypofonctionnels) méritent une évaluation plus approfondie (biopsie) en raison d’un risque plus élevé de malignité.
Mnémotechnique : « SCINTI‑FONCTION » → SCINTI pour scanner, FONCTION pour savoir qui travaille ».
6. Pourquoi choisir l’iode‑123 plutôt que l’iode‑131 pour l’imagerie diagnostique ?
L’iode‑123 possède une demi‑vie de 13,2 heures, ce qui le rend moins irradiant que l’iode‑131 (demi‑vie de 8 jours). Cette courte demi‑vie limite l’exposition du patient tout en offrant une qualité d’image suffisante pour le diagnostic.
Points clés
- Moins de radiation résiduelle dans le corps.
- Imagerie de haute résolution grâce à l’énergie gamma de 159 keV.
- Utilisation réservée au diagnostic, tandis que l’iode‑131 reste le principal isotope thérapeutique.
Mnémotechnique : « 123 = 1 jour + 3 heures = court ».
7. Signes cliniques de la maladie de Basedow
La maladie de Basedow (ou maladie de Graves) se caractérise par une hyperthyroïdie auto‑immune. Les symptômes typiques comprennent :
- Perte de poids avec appétit conservé.
- Tachycardie et palpitations.
- Exophtalmie (protrusion des yeux).
En revanche, la douleur thyroïdienne aiguë n’est pas un symptôme habituel de la maladie de Basedow, elle est plutôt associée à des thyroïdites inflammatoires.
Mnémotechnique : « B‑G‑T » – Basedow = Garde‑Ta‑Thyroïde calme (pas de douleur).
8. Différencier les thyrotoxicoses de type 1 et type 2 sous amiodarone
L’amiodarone peut induire deux formes de thyrotoxicose :
- Type 1 : hyperplasie thyroïdienne, captation scintigraphique élevée, vascularisation accrue à l’échographie.
- Type 2 : thyroïdite destructive, captation scintigraphique faible, hypovascularisation à l’échographie.
Le couplage échographie + scintigraphie permet de distinguer ces deux entités, guidant ainsi le traitement (antithyroïdiens de type 1 vs corticoïdes de type 2).
Mnémotechnique : « Écho‑Scint » – l’échographie montre la structure, la scintigraphie la fonction.
Conclusion
La prise en charge des goitres thyroïdiens repose sur une combinaison d’examens cliniques, d’imagerie (échographie, scintigraphie) et de connaissances pharmacologiques. Maîtriser les indications, les critères d’interprétation et les différences entre les isotopes permet d’optimiser le diagnostic, de réduire les risques de complications et d’adapter le traitement à chaque patient.
En révisant les points clés présentés dans ce cours, vous serez mieux préparé à répondre aux questions d’examen et à appliquer ces connaissances dans la pratique médicale quotidienne.
