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Rétention aiguë d'urine (RAU)

La rétention aiguë d'urine (RAU) est une urgence urologique qui se caractérise par l'incapacité soudaine à évacuer l'urine malgré une vessie pleine. Elle se distingue de l'anurie, où aucune…

21 questions~11 min
Rétention aiguë d'urine (RAU) — Qwi
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1

Quel critère clinique différencie la rétention aiguë d'urine (RAU) de l'anurie?

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Parmi les causes suivantes, laquelle est la plus fréquente d'obstacle sous-vésical chez l'homme?

3

Quel signe à la palpation du globe vésical indique une rétention aiguë d'urine d'origine prostatique bénigne?

4

Quel facteur déclenchait une rétention aiguë d'urine chez un patient prostatique selon le texte?

5

Quel examen est contre‑indiqué en présence d’une cicatrice de laparotomie médiane sous‑ombilicale?

6

Quel médicament peut induire une rétention aiguë d'urine par inhibition de la sensation de besoin?

7

Quel signe à la percussion du globe vésical est pathognomonique de la RAU?

8

Quel est le principal danger d'un drainage rapide d'une hématurie après une rétention prolongée?

9

Quel examen neurologique doit être réalisé systématiquement si l’étiologie de la RAU n’est pas évidente?

10

Quel facteur anatomique rend le toucher rectal (ou vaginal) indispensable dans l’évaluation de la RAU chez l’homme?

11

Quel type de rétention aiguë d’urine est caractérisé par une vessie « glace » ?

12

Quel est le principal risque infectieux associé au sondage urétral chez un patient en RAU?

13

Quel facteur iatrogène peut provoquer une rétention aiguë d’urine en inhibant le réflexe mictionnel?

14

Quel signe clinique indique une obstruction urétrale aiguë due à un caillot sanguin?

15

Quel type de lésions médullaires peut entraîner une rétention aiguë d’urine par phase de choc spinal?

16

Quel examen d’imagerie est recommandé lorsque le globe vésical est difficile à palper chez l’obèse?

17

Quel facteur de risque fonctionnel peut précipiter une RAU chez un patient avec antécédent de constipation?

18

Quelle est la première intention thérapeutique pour soulager une RAU lorsqu’il n’y a pas de contre‑indication au sondage urétral?

19

Quel signe clinique est décrit comme « Danse de Saint‑Guy » chez le patient en RAU?

20

Quel type de pathologie prostatique est décrit comme « indolore, consistance souple/élastique, sillon médian effacé »?

21

Quel facteur iatrogène peut entraîner une rétention aiguë d’urine en bloquant la contraction du détrusor?

Introduction à la rétention aiguë d'urine (RAU)

La rétention aiguë d'urine (RAU) est une urgence urologique qui se caractérise par l'incapacité soudaine à évacuer l'urine malgré une vessie pleine. Elle se distingue de l'anurie, où aucune urine n'est produite. Cette leçon détaille les critères cliniques, les causes les plus fréquentes, les signes à l'examen physique, les facteurs déclenchants, les examens à éviter, les médicaments incriminés, ainsi que les complications liées à la prise en charge.

1. Différencier RAU et anurie

Critère clinique clé

Le critère différentiel principal entre la RAU et l'anurie est la présence d'une vessie pleine, souvent palpable sous forme d'un globe vésical.

  • RAU : besoin impérieux d’uriner, globe vésical rempli (globe +).
  • Anurie : absence de besoin, vessie vide.

Ce signe clinique permet d'orienter rapidement le diagnostic et d'éviter des investigations inutiles.

2. Causes d'obstacle sous‑vésical chez l'homme

Cause la plus fréquente

Chez les hommes, l'obstacle sous‑vésical le plus fréquent est l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Cette hyperplasie prostatique entraîne une compression progressive de l'urètre prostatic, limitant le débit urinaire et favorisant la RAU.

  • Sténose de l'urètre post‑traumatique – moins fréquente.
  • Calcul rénal enclavé – cause d'obstruction haute.
  • Phimosis serré – obstruction au niveau du prépuce, non sous‑vésicale.

Le dépistage de l'HBP repose sur l'examen clinique (masse prostatique) et l'échographie transrectale.

3. Signes à la palpation du globe vésical

Globe prostatique bénin

Lors d'une RAU d'origine prostatique bénigne, la palpation du globe vésical révèle une masse volumineuse, lisse, régulière et élastique. Ce caractère indique une distension vésicale sans infiltration tumorale.

  • Absence de masse palpable – suggère une RAU non obstructive.
  • Masse douloureuse très intense – évoque une infection ou une inflammation aiguë.
  • Masse dure, nodulaire, irrégulière – signe d'une tumeur prostatique suspecte.

4. Facteurs déclenchants de la RAU chez le patient prostatique

Déclencheur principal selon le texte

Le facteur le plus souvent cité est le voyage prolongé entraînant rétention volontaire excessive. En effet, la rétention d'urine pendant de longues périodes augmente la pression intravésicale, favorisant la RAU chez les patients déjà atteints d'HBP.

  • Exercice physique intense – peut provoquer une déshydratation, mais pas directement la RAU.
  • Consommation d'alcool modérée – n'est pas un facteur déclenchant majeur.
  • Sommeil prolongé – rarement associé à la RAU.

5. Examens contre‑indiqués en présence de cicatrice de laparotomie médiane sous‑ombilicale

Examen à éviter

Le cathéter sus‑pubien (cystocath) est contre‑indiqué lorsqu'une cicatrice de laparotomie médiane sous‑ombilicale est présente. La voie d'insertion du cathéter sus‑pubien traverse la paroi abdominale et risque de traverser la cicatrice, augmentant le risque d'infection ou de lésion des tissus cicatrisés.

  • Sondage urétral – généralement sûr.
  • Analyse d'urine – non invasive.
  • Échographie abdominale – sans risque majeur.

6. Médicaments pouvant induire une RAU

Agent pharmacologique incriminé

Les morphiniques (opioïdes) peuvent provoquer une RAU en inhibant la sensation de besoin d'uriner. Ils agissent sur les récepteurs mu opioïdes du système nerveux central, diminuant le réflexe de remplissage vésical.

  • Anticholinergiques – affectent la contraction du détrusor, mais ne bloquent pas la sensation de besoin.
  • Beta‑bloquants – n'ont pas d'effet direct sur la fonction vésicale.
  • Diurétiques de loup – augmentent la production d'urine, ne causent pas de rétention.

7. Signes à la percussion du globe vésical

Signes pathognomoniques de la RAU

Le signe le plus caractéristique est la matité à la percussion, avec une surface convexe vers le haut. Cette matité reflète la présence d'un globe vésical plein et tendu, qui absorbe le son de la percussion.

  • Hyper‑résonance, surface concave – typique d'un abdomen aéré.
  • Absence de son – signe d'air ou de vide.
  • Tympanisme, surface plane – indique présence de gaz, non de liquide.

8. Complication majeure d'un drainage rapide après rétention prolongée

Syndrome de levée d'obstacle

Le danger principal est le syndrome de levée d'obstacle avec polyurie osmotique massive. Après une rétention prolongée, la vessie et les reins sont « déprimés ». Un drainage rapide libère une grande quantité d'urine concentrée, entraînant une polyurie osmotique qui peut provoquer une déshydratation, des déséquilibres électrolytiques et un risque de chute de la pression artérielle.

  • Hyperkaliémie aiguë – possible mais moins fréquente.
  • Hyponatrémie sévère – moins typique.
  • Insuffisance rénale chronique – conséquence à long terme, non immédiate.

Il est recommandé de drainer progressivement la vessie (par ex. 500 mL puis pause) et de surveiller les électrolytes.

Conclusion et bonnes pratiques

La prise en charge de la RAU repose sur une reconnaissance clinique rapide, l’identification des causes sous‑vésicales (notamment l'HBP), l'évaluation des facteurs déclenchants et la prévention des complications liées au drainage. Les professionnels de santé doivent maîtriser les signes à la palpation et à la percussion, connaître les médicaments à risque, et éviter les procédures invasives inappropriées, comme le cathéter sus‑pubien en présence de cicatrices abdominales.

En suivant ces principes, la morbidité liée à la RAU peut être considérablement réduite, améliorant ainsi la qualité de vie des patients.