Prescription médicale et ordonnance
Dans le cadre de la médecine générale et de la pharmacologie , l'ordonnance médicale constitue le document officiel qui lie le prescripteur au patient et à l'officine. Ce cours détaillé vous…

Dans une ordonnance médicale classique, quel code couleur indique un médicament de liste I sur l'emballage secondaire ?
Quel professionnel de santé peut prescrire une ordonnance médicale uniquement par dérogation et selon une liste préétablie par le Ministère ?
Quelle information figure obligatoirement dans l'en-tête d'une ordonnance médicale ?
Quel critère n'est PAS requis pour qu'une ordonnance médicale soit considérée « bonne » selon les règles de rédaction ?
Dans le corps d'une ordonnance médicale, comment les médicaments doivent-ils être présentés ?
Quel document doit être signé et paraphé par le président du tribunal de première instance ou une autorité administrative pour être valable ?
Quel professionnel est habilité à substituer un médicament à l'officine sans l'accord du prescripteur uniquement en cas d'urgence ?
Quelle durée maximale de validité s'applique à une ordonnance médicale contenant des stupéfiants (liste I) ?
Quel élément doit figurer sous l’insigne de délimitation d’une ordonnance médicale ?
Introduction à l'ordonnance médicale
Dans le cadre de la médecine générale et de la pharmacologie, l'ordonnance médicale constitue le document officiel qui lie le prescripteur au patient et à l'officine. Ce cours détaillé vous guidera à travers les différents types d'ordonnances, leurs exigences légales, ainsi que les bonnes pratiques de rédaction. Vous découvrirez également les rôles spécifiques des professionnels de santé dans la gestion des prescriptions, notamment en situation d'urgence.
1. Les différents types d'ordonnance médicale
1.1 Ordonnance médicale pour affection de longue durée (ALD)
L'ordonnance destinée aux patients atteints d'une affection de longue durée (ALD) possède des spécificités qui la distinguent des ordonnances classiques. Elle est appelée ordonnance médicale bizone. Cette forme d'ordonnance permet la prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais pour le patient.
- Utilisée uniquement pour les ALD reconnues.
- Contient le code ALD et la mention « ALD » en tête de document.
- Facilite le suivi thérapeutique sur le long terme.
1.2 Ordonnance médicale sécurisée
L'ordonnance sécurisée, souvent appelée ordonnancier, est un document officiel qui doit être signé et paraphé par le président du tribunal de première instance ou une autorité administrative. Ce type d'ordonnance est requis pour les médicaments à risque élevé, comme les stupéfiants.
1.3 Ordonnance médicale classique
L'ordonnance classique est le format le plus répandu. Elle doit respecter des règles précises de rédaction afin d'être considérée comme « bonne ». Parmi ces règles, le code couleur du rectangle rouge indique un médicament de liste I sur l'emballage secondaire.
2. Les exigences légales et les bonnes pratiques de rédaction
2.1 Structure obligatoire de l'en‑tête
Chaque ordonnance doit comporter, dans son en‑tête, la mention « ordonnance médicale » soulignée. Cette indication est obligatoire et permet d'identifier immédiatement le document comme une prescription médicale officielle.
2.2 Critères d'une ordonnance « bonne »
Pour garantir la lisibilité et la conformité, une ordonnance doit être :
- Lisible : écriture claire, sans ratures.
- Aérée : espaces suffisants entre chaque ligne.
- Sans surcharge : aucune information superflue qui pourrait prêter à confusion.
En revanche, l'exigence « écrite en majuscules uniquement » n'est pas requise et constitue même un piège fréquent pour les prescripteurs novices.
2.3 Présentation du corps de l'ordonnance
Dans le corps de l'ordonnance, les médicaments doivent être présentés en DCI (Dénomination Commune Internationale), soulignés et numérotés en chiffres arabes. Cette norme assure une identification précise du principe actif, évitant les confusions entre médicaments génériques et de marque.
3. Rôles et responsabilités des professionnels de santé
3.1 Prescripteurs autorisés par dérogation
Selon la législation française, l'infirmier peut prescrire une ordonnance médicale uniquement par dérogation et selon une liste préétablie par le Ministère de la Santé. Cette autorisation vise à faciliter l'accès aux soins dans les zones sous‑dotées ou pour des traitements simples.
3.2 Substitution en cas d'urgence
En situation d'urgence, le pharmacien titulaire est le seul professionnel habilité à substituer un médicament à l'officine sans l'accord préalable du prescripteur. Cette capacité permet de garantir la continuité des soins et d'éviter tout risque pour le patient.
Imaginez un feu rouge soudain : le pharmacien titulaire agit comme le conducteur qui, voyant le danger, franchit le feu pour éviter l'accident. Le piège le plus fréquent est de penser que le sage‑femme ou le médecin peuvent le faire, mais seuls les pharmaciens ont ce pouvoir d'urgence en officine.
Quel rôle vous semble le plus logique en cas d'urgence ?a) Pharmacien titulaire
b) Sage‑femme
c) Étudiant en pharmacie
3.3 Documents nécessitant une signature officielle
L'ordonnancier doit être signé et paraphé par le président du tribunal de première instance ou une autorité administrative pour être valable. Cette signature garantit la traçabilité et la légitimité du document, notamment pour les médicaments soumis à un contrôle strict.
4. Codification couleur et identification des médicaments
Le système de codification couleur sur l'emballage secondaire des médicaments facilite la reconnaissance rapide du niveau de risque et de la catégorie thérapeutique. Le rectangle rouge indique un médicament de liste I, généralement réservé aux traitements de première intention ou aux médicaments à risque élevé.
- Rectangle rouge : liste I – médicaments essentiels.
- Rectangle vert : liste II – médicaments de seconde intention.
- Bande jaune : médicaments en vente libre ou de catégorie spéciale.
5. Synthèse et bonnes pratiques à retenir
Pour résumer, voici les points clés à retenir lors de la rédaction et de la gestion d'une ordonnance médicale :
- Identifier le type d'ordonnance (bizone, sécurisée, classique) selon le contexte clinique.
- Respecter l'en‑tête obligatoire : mention « ordonnance médicale » soulignée.
- Assurer la lisibilité, l'aération et l'absence de surcharge.
- Présenter les médicaments en DCI, soulignés, numérotés en chiffres arabes.
- Connaître les rôles spécifiques : infirmier (dérogation), pharmacien titulaire (substitution d'urgence), président du tribunal (signature de l'ordonnancier).
- Utiliser la codification couleur (rectangle rouge) pour identifier rapidement les médicaments de liste I.
En appliquant ces règles, vous garantissez non seulement la conformité légale de vos prescriptions, mais aussi la sécurité et la clarté pour le patient et le pharmacien.
