Physiologie de l'activité électrique cardiaque
Cette leçon détaillée couvre les concepts clés de la conduction électrique du cœur, les canaux ioniques impliqués dans le potentiel d'action, ainsi que les influences du système nerveux…

Quel canal ionique est responsable de la phase 0 du potentiel d'action cardiaque ?
Comment la stimulation parasympathique affecte la pente de dépolarisation diastolique ?
Quelle est la principale différence entre les cellules automatiques et les cellules contractiles concernant le potentiel de repos ?
Quel effet la noradrénaline a-t-elle sur les canaux calciques cardiaques ?
Quel phénomène explique la période réfractaire relative (PRR) après le potentiel d'action ?
Quel courant ionique domine la phase 2 (plateau) du potentiel d'action cardiomyocyte ?
Quel mécanisme explique l'hyperpolarisation de la cellule sous l'effet de l'acétylcholine ?
Quel est le rôle principal du nœud atrio-ventriculaire (AV) dans la conduction cardiaque ?
Quel facteur augmente la fréquence cardiaque en modifiant la pente de dépolarisation diastolique ?
Physiologie de l'activité électrique cardiaque
Cette leçon détaillée couvre les concepts clés de la conduction électrique du cœur, les canaux ioniques impliqués dans le potentiel d'action, ainsi que les influences du système nerveux autonome. Elle est conçue pour les étudiants en médecine générale et les professionnels souhaitant renforcer leurs connaissances en physiologie cardiaque.
1. Vitesse de conduction dans les structures cardiaques
Le cœur possède plusieurs structures spécialisées pour la propagation du signal électrique. La vitesse de conduction varie considérablement selon le type de tissu.
- Faisceau de His : 5 m/s – la vitesse la plus élevée, assurant une transmission rapide du signal du nœud sino‑atrial (SA) aux ventricules.
- Fibre de Purkinje : 0,5 m/s
- Nœud atrio‑ventriculaire (AV) : 0,05 m/s
- Nœud sino‑atrial (SA) : 1 m/s
Cette hiérarchie garantit que la contraction ventriculaire suit correctement la contraction atriale, optimisant le remplissage et l'éjection du sang.
2. Les canaux ioniques et la phase 0 du potentiel d'action
La phase 0 correspond à la dépolarisation rapide du myocyte cardiaque. Elle est principalement due à l'ouverture des canaux sodiques rapides (INa).
- Canaux INa : permettent une entrée massive de Na⁺, générant une montée brutale du potentiel membranaire.
- Canaux calciques lents (ICaL) : interviennent plus tard, pendant la phase 2 (plateau).
- Canaux potassiques (IK) : responsables de la repolarisation (phases 3 et 4).
Comprendre ce mécanisme est essentiel pour appréhender les effets des anti‑arythmiques qui ciblent spécifiquement les canaux Na⁺.
3. Influence du système parasympathique sur la pente de dépolarisation diastolique
La stimulation parasympathique, principalement via le nerf vague, libère de l'acétylcholine (ACh) qui agit sur les récepteurs muscariniques. Cette activation diminue la pente de dépolarisation diastolique, ralentissant la fréquence cardiaque.
- L'ACh ouvre les canaux KAch, augmentant la sortie de K⁺ et hyperpolarisant la membrane.
- La réduction de la pente diastolique prolonge le temps nécessaire pour atteindre le potentiel seuil, diminuant le rythme cardiaque.
4. Différences entre cellules automatiques et contractiles
Les cellules du nœud SA sont automatiques : elles ne possèdent pas de potentiel de repos stable. Au lieu de cela, elles affichent une dépolarisation diastolique lente (phase 4) qui conduit progressivement au potentiel seuil.
- Cellules contractiles (myocytes ventriculaires) : potentiel de repos stable autour de -85 à -90 mV.
- Cellules automatiques : absence de repos fixe, présence d'un courant pacemaker (If) qui assure la spontanéité.
5. Effet de la noradrénaline sur les canaux calciques
La noradrénaline, neurotransmetteur du système sympathique, augmente l'activité des canaux calciques L‑type. Cette activation accélère la dépolarisation et renforce la contraction cardiaque (effet inotrope positif).
- Via les récepteurs β₁‑adrénergiques, la noradrénaline augmente le cAMP, qui phosphoryle les canaux Ca²⁺ L‑type.
- Résultat : plus grande entrée de Ca²⁺ pendant la phase 2, augmentant la force de contraction.
6. Période réfractaire relative (PRR)
Après le potentiel d'action, la cellule entre dans une période réfractaire relative où l'inactivation partielle des canaux sodiques et calciques nécessite une stimulation plus forte pour déclencher un nouveau potentiel.
- Les canaux Na⁺ rapides sont partiellement inactivés, mais peuvent être réactivés avec un stimulus suprathreshold.
- Les canaux Ca²⁺ L‑type restent partiellement ouverts, contribuant à la forme du plateau.
7. Courant dominant pendant la phase 2 (plateau)
La phase 2 du potentiel d'action cardiomyocyte est caractérisée par un équilibre entre l'entrée de calcium L‑type et la sortie de potassium. Ce courant équilibré maintient le potentiel membranaire à un niveau élevé pendant plusieurs centaines de millisecondes.
- Entrée de Ca²⁺ via les canaux L‑type (ICaL) → maintien du plateau.
- Sortie de K⁺ via les canaux potassiques (IK) → contrebalance l'entrée calcique.
8. Hyperpolarisation sous l'effet de l'acétylcholine
L'acétylcholine agit sur les récepteurs muscariniques du cœur, ouvrant les canaux KAch. Cette ouverture augmente la sortie de K⁺, entraînant une hyperpolarisation de la membrane.
- Canaux KAch : permettent une sortie rapide de K⁺, rendant le potentiel membranaire plus négatif.
- Conséquence : réduction de la fréquence cardiaque (effet chronotrope négatif) et ralentissement de la conduction AV.
Conclusion
La compréhension des mécanismes électriques du cœur – vitesse de conduction, rôle des différents canaux ioniques, influence du système nerveux autonome et phases du potentiel d'action – est fondamentale pour diagnostiquer et traiter les arythmies. En maîtrisant ces concepts, les praticiens peuvent mieux interpréter les ECG, choisir les médicaments anti‑arythmiques appropriés et anticiper les réponses physiologiques aux stimuli sympathiques ou parasympathiques.
