Neuropsychologie et fonctions cognitives
La neuropsychologie étudie les relations entre les structures cérébrales et les fonctions cognitives. Elle permet d’interpréter les déficits observés chez les patients à la lumière de la…

Un patient présente une persévération motrice lors d’une tâche séquentielle. Quelle composante exécutive est le plus probablement altérée?
Dans le modèle de Norman et Shallice, quel système intervient lorsqu’une tâche nouvelle ne peut être résolue par les schémas d’action habituels?
Quel type d’agnosie résulte d’une lésion de la voie occipito‑temporale « quoi »?
Lors d’une évaluation neuropsychologique, un patient montre un rappel libre très faible mais s’améliore fortement avec l’indiçage. Quel syndrome est le plus compatible?
Quel test neuropsychologique est le plus spécifiquement utilisé pour mesurer la capacité d’inhibition du processus automatique de lecture?
Un patient avec une lésion du cortex orbito‑frontal montre une incapacité à anticiper les conséquences émotionnelles d’un choix. Quelle théorie explique ce phénomène?
Quel phénomène décrit la capacité d’un patient à répéter indéfiniment le premier geste d’une séquence lorsqu’on lui demande d’en exécuter cinq?
Quel type d’agnosie est caractérisé par une incapacité à reconnaître un visage malgré une perception intacte des traits faciaux?
Dans le modèle de Bruce et Young, quelle unité est activée uniquement lorsque le visage est reconnu comme familier?
Introduction à la neuropsychologie et aux fonctions cognitives
La neuropsychologie étudie les relations entre les structures cérébrales et les fonctions cognitives. Elle permet d’interpréter les déficits observés chez les patients à la lumière de la localisation des lésions. Ce cours reprend les concepts clés évalués dans le questionnaire « Neuropsychologie et fonctions cognitives », en les développant de façon pédagogique et optimisée pour le référencement (SEO).
Le cortex préfrontal et les fonctions exécutives
Rôle principal du cortex préfrontal
Le cortex préfrontal est le centre de commandement des fonctions exécutives. Il supervise le contrôle mental, la planification, la prise de décision et l’inhibition des réponses automatiques. Contrairement aux réponses qui stockent les souvenirs à long terme ou régulent la perception sensorielle primaire, le cortex préfrontal orchestre la mise en œuvre de stratégies cognitives complexes.
- Supervision du contrôle mental et de la planification
- Gestion de la mémoire de travail et de la flexibilité cognitive
- Inhibition des réponses impulsives
Composantes exécutives et leurs altérations
Persévération motrice et inhibition
La persévération motrice se manifeste lorsqu’un patient répète indéfiniment le même geste, même si la consigne demande une séquence différente. Cette difficulté reflète une altération de l’inhibition des réponses automatiques. L’inhibition permet de stopper une réponse déjà initiée pour en choisir une nouvelle adaptée à la tâche.
Les autres composantes exécutives comprennent :
- Mise à jour de la mémoire de travail : actualiser les informations en cours de traitement.
- Flexibilité mentale : passer d’une règle à une autre.
- Planification temporelle : organiser les actions dans le temps.
Modèle de Norman et Shallice
Le système attentionnel superviseur (SAS)
Dans le modèle de Norman et Shallice, le Système Attentionnel Superviseur (SAS) intervient lorsque les schémas d’action habituels (répertoire d’habitudes) ne suffisent pas à résoudre une tâche nouvelle ou complexe. Le SAS mobilise les ressources attentionnelles, active le contrôle cognitif et permet la sélection d’une nouvelle stratégie.
Ce modèle explique pourquoi, face à une situation inédite, le cerveau passe d’un mode « automatique » à un mode « contrôlé », impliquant notamment le cortex préfrontal dorsolatéral.
Agnosies visuelles et voies cérébrales
Agnosie visuelle d’objets (voie occipito‑temporale « quoi »)
L’agnosie visuelle d’objets résulte d’une lésion de la voie occipito‑temporale, souvent appelée la voie « quoi ». Cette voie est spécialisée dans la reconnaissance des formes et des objets, indépendamment de leur localisation spatiale. Une atteinte entraîne l’incapacité à identifier un objet malgré une vision intacte.
En revanche, la voie occipito‑parietale « où » est responsable de la localisation spatiale et de la perception du mouvement.
Évaluation neuropsychologique des déficits de récupération
Rappel libre faible avec amélioration à l’indiçage
Un profil caractérisé par un rappel libre très faible mais une forte amélioration avec l’indiçage indique un déficit frontal de récupération. Le patient possède les informations en mémoire, mais le processus de récupération spontanée est altéré, typiquement lié à des lésions du cortex préfrontal.
Ce type de déficit se distingue d’un déficit hippocampique d’encodage, où même l’indiçage n’améliore pas significativement le rappel.
Tests neuropsychologiques spécifiques
Le test de Stroop pour mesurer l’inhibition
Le test de Stroop est le plus couramment utilisé pour évaluer la capacité d’inhibition du processus automatique de lecture. Il consiste à nommer la couleur d’encre d’un mot qui désigne une couleur différente (ex. le mot « rouge » écrit en bleu). La difficulté à inhiber la lecture automatique du mot révèle la performance exécutive.
Parmi les autres tests :
- Wisconsin Card Sorting Test (WCST) : mesure la flexibilité mentale.
- Trail Making Test (TMT) : évalue la vitesse de traitement et la flexibilité.
- Séquences graphiques de Luria : explorent la planification motrice.
Théorie des marqueurs somatiques de Damasio
Rôle du cortex orbito‑frontal
Une lésion du cortex orbito‑frontal entraîne une incapacité à anticiper les conséquences émotionnelles d’un choix. La théorie des marqueurs somatiques de Antonio Damasio explique ce phénomène : les émotions générées par des expériences passées servent de « marqueurs » qui guident la prise de décision. Sans ces marqueurs, le patient agit de façon impulsive et ne prévoit pas les répercussions affectives.
Persévération motrice et apraxies
Définition et différenciation
La persévération motrice décrit la tendance à répéter indéfiniment le premier geste d’une séquence lorsqu’on demande d’en exécuter plusieurs. Ce phénomène reflète une déficience d’inhibition et non une apraxie idéomotrice, qui concerne l’incapacité à exécuter un geste volontaire malgré une compréhension intacte.
Il est important de distinguer :
- Apraxie idéomotrice : difficulté à reproduire un geste sur demande.
- Persévération motrice : répétition involontaire d’un geste déjà initié.
- Désinhibition : perte de contrôle inhibiteur, souvent liée à des lésions frontales.
Conclusion et perspectives cliniques
Comprendre les liens entre les structures cérébrales (cortex préfrontal, voies occipito‑temporales, cortex orbito‑frontal) et les fonctions cognitives (contrôle exécutif, inhibition, récupération mnésique) est essentiel pour le diagnostic et la prise en charge neuropsychologique. Les tests comme le Stroop, le WCST ou les évaluations de l’agnosie permettent d’identifier précisément les déficits et d’orienter les interventions thérapeutiques.
En intégrant ces connaissances, les praticiens peuvent mieux adapter leurs stratégies de rééducation, favoriser la récupération fonctionnelle et améliorer la qualité de vie des patients.
