
Logique et preuves en mathématiques
La logique constitue le socle de toutes les démonstrations en mathématiques. Elle permet de formuler, analyser et transformer des énoncés de façon rigoureuse. Dans ce cours, nous explorerons…

Si p ⇒ q est vrai, quelle affirmation suivante est toujours vraie ?
Quel est le contraposé de l'implication « si n est pair alors n² est pair » ?
Quelle loi logique justifie l'équivalence ¬(p ∧ q) ≡ ¬p ∨ ¬q ?
Quel est le résultat de la négation de la quantification « ∀x ∈ ℝ, x² ≥ 0 » ?
Quel est le tableau de vérité de l'expression p ∧ ¬q ?
Dans le contexte des quantificateurs, quelle affirmation est vraie ?
Quel principe logique permet de déduire q à partir de p ⇒ q et de p ?
Quel est le résultat de l'induction pour la somme Σ_{k=1}^{n} k ?
Quel est le contre‑exemple qui montre que l'énoncé « Tous les nombres premiers sont impairs » est faux ?
Introduction à la logique mathématique
La logique constitue le socle de toutes les démonstrations en mathématiques. Elle permet de formuler, analyser et transformer des énoncés de façon rigoureuse. Dans ce cours, nous explorerons les notions essentielles telles que le contraire logique, les implications, le contraposé, les lois de De Morgan, la négation des quantificateurs, les tableaux de vérité et les principes d’inférence comme le modus ponens.
1. Le contraire logique d’une inégalité
Exemple typique
Considérons l’énoncé « x < 4 ». Son contraire logique consiste à nier l’ensemble des valeurs qui satisfont l’inégalité initiale. En logique, la négation de « < » est « ≥ ». Ainsi, le contraire logique devient x ≥ 4.
À retenir : ≥ remplace < pour tout x.
2. Implication et condition suffisante
Définition de l’implication
Une implication s’écrit p ⇒ q et se lit « si p alors q ». Elle affirme que chaque fois que p est vrai, q l’est également. Dans ce cadre, p est appelé condition suffisante pour q.
À retenir : suffisante = partant, pas besoin d’inverse.
3. Le contraposé d’une implication
Construction du contraposé
Le contraposé d’une implication p ⇒ q s’obtient en niant la conclusion puis la prémisse, puis en inversant les deux. Formellement, le contraposé est ¬q ⇒ ¬p.
Exemple : « si n est pair alors n² est pair ». Le contraposé devient « si n² est impair alors n est impair ».
À retenir : Implication → ¬conclusion ⇒ ¬prémisse.
4. Les lois de De Morgan
Équivalence fondamentale
Les lois de De Morgan permettent de distribuer la négation à travers les connecteurs logiques. Elles s’expriment ainsi :
- ¬(p ∧ q) ≡ ¬p ∨ ¬q
- ¬(p ∨ q) ≡ ¬p ∧ ¬q
Ces équivalences sont essentielles pour simplifier des expressions complexes et pour passer du langage naturel aux formes symboliques.
À retenir : ¬(A∧B)=¬A∨¬B, inverse de De Morgan.
5. Négation des quantificateurs
Règles de base
Pour néguer une quantification, on échange le quantificateur et on nie le prédicat :
- ¬∀x P(x) ≡ ∃x ¬P(x)
- ¬∃x P(x) ≡ ∀x ¬P(x)
Exemple concret : la négation de « ∀x ∈ ℝ, x² ≥ 0 » devient « ∃x ∈ ℝ tel que x² < 0 ». Aucun réel ne satisfait x² < 0, ce qui montre que la proposition initiale est vraie.
Souviens‑toi : strictement négatif, pas égal.
6. Tableau de vérité de p ∧ ¬q
Construction du tableau
Le tableau de vérité récapitule les valeurs de vérité d’une expression selon les combinaisons possibles des variables. Pour p ∧ ¬q :
- p = V, q = V → ¬q = F → V ∧ F = F
- p = V, q = F → ¬q = V → V ∧ V = V
- p = F, q = V → ¬q = F → F ∧ F = F
- p = F, q = F → ¬q = V → F ∧ V = F
Le seul cas où l’expression est vraie est (p = V, q = F). D’où le tableau T F, F F, T T, F T (en suivant l’ordre (p,q) = (V,V), (V,F), (F,V), (F,F)).
À retenir : Vrai + non‑vrai = vrai uniquement.
7. Quantificateurs et existence d’un plus grand nombre
Analyse de l’énoncé
L’énoncé « ∀x ∈ ℝ, ∃y ∈ ℝ, y > x » affirme que pour chaque réel x, on peut trouver un réel y strictement plus grand. Cette affirmation est vraie : choisir y = x + 1 satisfait toujours la condition.
À retenir : Un nombre toujours plus grand : x+1.
8. Le principe du modus ponens
Raisonnement valide
Le modus ponens est le mécanisme d’inférence suivant :
- Premisse 1 : p ⇒ q
- Premisse 2 : p
- Conclusion : q
Il permet de déduire la conclusion q dès que l’implication et la prémisse sont établies. C’est l’un des outils les plus utilisés dans les démonstrations formelles.
À retenir : p et p⇒q → q.
Conclusion
Ce cours a couvert les notions fondamentales de la logique mathématique nécessaires à la compréhension et à la construction de preuves rigoureuses. Maîtriser le contraire logique, le contraposé, les lois de De Morgan, la négation des quantificateurs, les tableaux de vérité et les principes d’inférence comme le modus ponens vous permettra d’aborder des démonstrations plus avancées avec confiance.
Pour renforcer votre apprentissage, pratiquez régulièrement en reformulant des énoncés, en construisant des tableaux de vérité et en identifiant le type de condition (suffisante ou nécessaire) dans chaque implication rencontrée.
