Introduction à la gestion et à la conservation de la faune au Burkina Faso
Le Burkina Faso possède une biodiversité riche, mais menacée par la surexploitation, la perte d'habitat et le braconnage. La gestion durable des ressources fauniques repose sur un cadre juridique solide, des aires protégées bien définies et des pratiques de chasse encadrées. Ce cours reprend les concepts clés testés dans le questionnaire et les développe pour offrir une compréhension approfondie aux étudiants, aux gestionnaires de parc et aux passionnés d'écologie.
Cadre juridique de la faune au Burkina Faso
La loi burkinabè sur la faune est principalement codifiée dans le Code forestier. L'article 71 y précise que la faune concerne uniquement les animaux terrestres, excluant les poissons, mollusques et crustacés qui sont classés comme ressources aquatiques distinctes. Cette distinction permet d'appliquer des règles de chasse différentes selon le milieu (terre vs eau).
Exemple tiré du questionnaire :
- Question : Selon la loi burkinabè, quel critère exclut explicitement les poissons, mollusques et crustacés de la définition de la faune ?
- Réponse correcte : Ils sont exclus par l'article 71 du code forestier.
Comprendre cet article évite les confusions lors de la rédaction de projets de gestion ou de demandes d'autorisation de chasse.
Classification des aires protégées selon l'UICN
L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe les aires protégées en six catégories (I à VI). Au Burkina Faso, plusieurs de ces catégories sont appliquées :
- Catégorie I – Réserve totale de faune : zone où toutes les activités de chasse sont interdites. Exemple de question : « Quel type d'aire protégée correspond à la catégorie I ? » La bonne réponse est Réserve totale de faune.
- Catégorie II – Parc national : protection des écosystèmes avec un usage récréatif limité.
- Catégorie IV – Réserve partielle de faune : autorise la chasse sélective sur certaines espèces.
- Catégorie V – Sanctuaire : désigné comme « aire de gestion des habitats ou des espèces », focalisé sur la préservation de populations spécifiques.
Ces catégories guident les décisions de gestion, les autorisations de chasse et les programmes de suivi de la biodiversité.
Réserves partielles vs réserves totales de faune
La différence principale réside dans le degré de restriction :
- Réserve totale de faune : aucune chasse autorisée, protection intégrale des espèces et de leurs habitats.
- Réserve partielle de faune : la chasse est permise sur certaines espèces ciblées, souvent dans le cadre de programmes de gestion durable.
Cette distinction est cruciale pour les gestionnaires qui doivent équilibrer conservation et besoins socio‑économiques des communautés locales.
Instruments juridiques pour la création de zones tampons
Les zones tampons entourent les aires protégées afin de réduire les pressions humaines. Au Burkina Faso, l'instrument principal est l'Article 79 du Code forestier, qui autorise la mise en place de ces zones de protection périphériques. Cette disposition facilite la coordination entre les autorités nationales, les collectivités locales et les propriétaires privés.
Exemple de question : « Quel instrument juridique permet la création d'une zone tampon ? » La réponse correcte est Article 79 du Code forestier.
Gestion des habitats et des espèces : le rôle du sanctuaire
Le sanctuaire est classé comme « aire de gestion des habitats ou des espèces » (catégorie V). Son objectif est de maintenir ou restaurer les conditions écologiques nécessaires à la survie d'espèces menacées, comme le guépard ou le lion d'Afrique de l'Ouest. Les activités humaines sont limitées à la recherche, à l'écotourisme contrôlé et à la surveillance.
Calendrier de chasse et périodes spéciales
Le calendrier de chasse au Burkina Faso est fixé chaque année par arrêté ministériel. Une période particulière, dite « chasse spéciale », concerne la roussette (ou civette) et s'étend du 1er juillet au 31 août. Cette fenêtre courte vise à éviter la sur‑exploitation pendant la saison de reproduction.
Exemple de question : « Quelle période de chasse correspond à la chasse spéciale sur la roussette ? » La réponse correcte est 1er juillet au 31 août.
Concessions de gestion des ressources fauniques
Une concession de gestion est un contrat qui délègue à un opérateur privé le droit d'exploiter une ressource faunique tout en assurant sa préservation. Le texte législatif précise que la concession doit accorder le monopole de l'exploitation tout en garantissant la durabilité. Ainsi, le concessionnaire doit mettre en place des plans de suivi, des quotas basés sur des études scientifiques et des actions de sensibilisation.
Exemple de question : « Quel est le principal objectif de la concession de gestion des ressources fauniques ? » La bonne réponse est Accorder le monopole de l'exploitation tout en assurant la préservation.
Restrictions d'armes à feu pour la chasse
L'arrêté du 7 juillet 2004 interdit l'usage d'armes et munitions de guerre pour la chasse sportive. Cette mesure vise à prévenir l'utilisation d'équipements excessivement puissants qui pourraient entraîner des mortalités non sélectives et des dommages collatéraux aux habitats.
Exemple de question : « Quel type d'arme à feu est interdit pour la chasse ? » La réponse correcte est Armes et munitions de guerre.
Intégration des connaissances : mise en pratique
Pour consolider les notions abordées, voici un exercice d'application :
- Identifiez, sur une carte du Burkina Faso, les aires classées Réserve totale de faune et Sanctuaire. Notez les espèces emblématiques présentes dans chaque zone.
- Rédigez un bref projet de zone tampon autour d'une réserve partielle, en citant l'Article 79 du Code forestier comme base juridique.
- Élaborez un tableau de suivi des quotas de chasse pour la période du 1er juillet au 31 août, incluant la roussette et deux autres espèces autorisées.
Ces activités permettent de passer de la théorie du questionnaire à une compréhension opérationnelle, indispensable pour les futurs gestionnaires de la faune.
Conclusion
La gestion et la conservation de la faune au Burkina Faso s'appuient sur un ensemble cohérent de lois, de classifications internationales et de pratiques de terrain. Maîtriser les différences entre réserves totales et partielles, connaître les instruments juridiques comme l'Article 79, respecter le calendrier de chasse et les restrictions d'armes sont autant de leviers pour assurer la pérennité des espèces. En intégrant ces connaissances dans des projets concrets, chaque acteur contribue à la préservation d'un patrimoine naturel unique, tout en soutenant le développement durable des communautés locales.