Gestion et aménagement de la faune au Burkina Faso
Ce cours présente les concepts clés de la gestion de la faune et des aires protégées au Burkina Faso, en s’appuyant sur les notions d’UICN, de législation nationale et des pratiques de…

Selon la loi burkinabè, quelle activité de chasse est autorisée sans taxe d'abattage?
Quel est le principal objectif de la gestion des feux dans les aires de faune selon le cours?
Quelle catégorie d'UICN correspond à une aire protégée où l'exploitation durable des ressources naturelles est permise?
Quel instrument juridique permet la création de zones villageoises d'intérêt cynégétique (ZOVIC) au Burkina Faso?
Quel critère n'est PAS mentionné pour la détermination du zonage spatial dans les aires protégées?
Quel type de chasse est classé comme « chasse à la battue »?
Quel est le rôle principal du guet dans les opérations anti‑braconnage?
Quel facteur n'est PAS cité comme une conséquence du braconnage sur l'habitat?
Quelle est la superficie du Parc national du W au Burkina Faso?
Quel type de licence est requis pour le commerce de viande sauvage?
Quel est le principal critère de la catégorie IV de l'UICN?
Quelle forme d'exploitation de la faune est décrite comme « très peu exploitée » malgré son existence légale?
Quel est le principal avantage d'une zone tampon autour d'une aire de protection faunique?
Quel type de feu est considéré comme le moins nocif pour les habitats?
Quel document fixe les conditions d’utilisation des armes à feu pour la chasse au Burkina Faso?
Quel est le principal facteur limitant la mise en place de points d’eau artificiels dans les aires de faune?
Quel type de permis est requis pour un chasseur souhaitant pratiquer la chasse à l’approche sur le gros gibier?
Quel est le principal objectif de la création de réserves de biosphère au Burkina Faso?
Quel est le rôle du « suivi écologique » dans la gestion des aires protégées?
Gestion et aménagement de la faune au Burkina Faso
Ce cours présente les concepts clés de la gestion de la faune et des aires protégées au Burkina Faso, en s’appuyant sur les notions d’UICN, de législation nationale et des pratiques de terrain comme la gestion du feu ou la lutte anti‑braconnage. Il est structuré autour des questions d’un quiz, chaque partie développant la réponse correcte et les notions associées.
1. Les catégories d’aires protégées selon l’UICN
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe les aires protégées en plusieurs catégories, de I à VI, selon le degré de protection et les objectifs de gestion.
- Catégorie I (Ia et Ib) : zones strictement protégées où aucune activité extractive n’est autorisée. Au Burkina Faso, la Réserve totale de faune correspond à la catégorie Ia, interdisant toute forme de chasse.
- Catégorie II : parcs nationaux où la conservation des écosystèmes coexiste avec le tourisme et la recherche.
- Catégorie IV : zones de gestion où des interventions ciblées (ex. contrôle du feu) sont permises.
- Catégorie VI : aires où l’exploitation durable des ressources naturelles est autorisée, favorisant la coexistence entre conservation et activités locales.
Comprendre ces catégories aide à identifier les restrictions et les opportunités de gestion dans chaque type d’aire protégée.
2. Types d’aires protégées au Burkina Faso
Le pays possède plusieurs statuts juridiques pour ses aires protégées :
- Réserve totale de faune : catégorie Ia de l’UICN, aucune chasse n’est permise.
- Réserve partielle de faune : certaines activités, dont la chasse réglementée, peuvent être autorisées sous conditions.
- Parc national : catégorie II, gestion axée sur la conservation et le tourisme.
- Zone villageoise d’intérêt cynégétique (ZOVIC) : création via le Décret n°2008-312/PRES/PM/MECV du 9 juin 2008, permettant aux communautés locales de pratiquer la chasse traditionnelle dans un cadre réglementé.
3. La chasse traditionnelle ou de subsistance
Selon la législation burkinabè, la chasse traditionnelle ou de subsistance est autorisée sans taxe d’abattage. Cette forme de chasse, pratiquée par les populations locales pour leur alimentation, est reconnue comme un droit ancestral et bénéficie d’une exemption fiscale afin de soutenir les moyens de subsistance ruraux.
En revanche, la chasse sportive, la chasse à l’approche ou la chasse touristique sont soumises à des taxes et à des autorisations spécifiques.
4. Gestion du feu dans les aires de faune
Le feu est un outil de gestion écologique essentiel, mais il doit être utilisé avec précaution. L’objectif principal est d’améliorer les pâturages tout en limitant les dégâts environnementaux. Les brûlis contrôlés permettent :
- De favoriser la régénération de certaines espèces végétales.
- De créer des zones de pâturage temporaires pour le bétail et la faune sauvage.
- De réduire la charge de combustible, limitant ainsi les risques d’incendies incontrôlés.
Il ne s’agit pas de créer des zones brûlées permanentes ni d’utiliser le feu comme unique moyen de lutte contre le braconnage.
5. Zonage spatial dans les aires protégées
Le zonage spatial repose sur plusieurs critères afin d’équilibrer conservation et utilisation humaine :
- La physionomie de la végétation.
- La richesse du patrimoine naturel (faune, flore, habitats).
- Le mode de vie des populations animales.
Le niveau de revenu des populations locales n’est pas un critère de détermination du zonage, bien que les aspects socio‑économiques soient pris en compte dans la planification participative.
6. Types de chasse et leurs classifications
La chasse à la battue désigne la chasse du petit gibier. Elle consiste à rassembler les animaux en groupe, souvent à l’aide de chiens ou de battues humaines, pour les abattre rapidement. Cette méthode diffère de la chasse du grand gibier, qui requiert généralement une approche individuelle ou en petite équipe.
7. Le rôle du guet dans la lutte anti‑braconnage
Le guet est un poste de surveillance stratégique placé à des points clés (ex. points d’eau, passages d’animaux). Sa mission principale est d’attendre dans un point stratégique pour surprendre les braconniers. Cette position permet d’intercepter les intrus au moment où ils sont le plus vulnérables, augmentant ainsi l’efficacité des opérations de protection.
Les guets ne sont pas destinés à patrouiller l’ensemble du parc, à installer des pièges ou à réaliser des contrôles d’identité à l’entrée du parc ; ils complètent les patrouilles mobiles en offrant une présence fixe et dissuasive.
8. Synthèse et bonnes pratiques pour les gestionnaires
Pour assurer une gestion durable de la faune au Burkina Faso, les gestionnaires doivent :
- Connaître les catégories d’UICN et les statuts juridiques nationaux afin d’appliquer les restrictions appropriées.
- Promouvoir la chasse traditionnelle sans taxe d’abattage tout en encadrant les activités sportives et touristiques.
- Utiliser le feu de manière contrôlée pour améliorer les pâturages et réduire les risques d’incendies incontrôlés.
- Élaborer un zonage spatial basé sur la végétation, le patrimoine naturel et le mode de vie animal, en excluant les critères purement socio‑économiques.
- Intégrer les guets comme points d’observation fixes, complémentaires aux patrouilles mobiles, pour renforcer la lutte anti‑braconnage.
En appliquant ces principes, les aires protégées du Burkina Faso peuvent concilier conservation de la biodiversité et besoins des communautés locales.
