Gestion et aménagement des aires protégées au Burkina Faso : concepts clés
Le Burkina Faso possède un réseau d'aires protégées varié, encadré par le Code forestier et les normes internationales de l'UICN. Cette formation vise à expliquer les principales notions juridiques, écologiques et opérationnelles qui sous‑tendent la gestion durable de ces espaces, tout en optimisant le contenu pour le référencement naturel (SEO) autour des mots‑clés « gestion aires protégées Burkina Faso », « UICN », « réserves fauniques », « chasse sportive » et « législation forestière ».
1. Classification des aires protégées selon l'UICN
L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) définit six catégories d'aires protégées, de la stricte protection (catégorie I) à l'utilisation durable (catégorie VI). Au Burkina Faso, la réserve de biosphère est classée en catégorie VI, ce qui signifie que l’objectif principal est une utilisation durable des écosystèmes tout en conservant la biodiversité.
- Catégorie I : protection intégrale – zones où aucune activité humaine n’est autorisée.
- Catégorie II : parc national – gestion axée sur la protection des écosystèmes et la visite du public.
- Catégorie IV : aire de gestion des habitats – interventions ciblées pour maintenir ou restaurer des habitats spécifiques.
- Catégorie VI : utilisation durable – conciliation entre conservation et exploitation raisonnée (ex. réserves de biosphère).
Cette classification guide les plans de gestion, les autorisations d’exploitation et les programmes de suivi environnemental.
2. Gestion des feux et brûlis en soirée
Dans les aires de faune, la maîtrise du feu est cruciale pour prévenir les incendies incontrôlés. La pratique recommandée consiste à réaliser les brûlis aux alentours de 16 h, soit en fin d’après‑midi. La raison principale est que la rosée nocturne limite la propagation du feu. En soirée, l’humidité relative augmente, ce qui ralentit la combustion et permet aux équipes de surveillance de maîtriser plus facilement les foyers.
Les avantages de ce timing sont multiples :
- Réduction du risque de propagation vers les zones sensibles.
- Meilleure visibilité pour les équipes de garde grâce à la lumière du jour qui persiste jusqu’au crépuscule.
- Moins d’impact sur la faune, qui se retire généralement des zones brûlées avant la nuit.
3. Réserves totales vs réserves partielles de faune
Le Burkina Faso distingue deux types de réserves fauniques :
- Réserves totales de faune – classées catégorie I.a. de l'UICN, elles interdisent toute forme de chasse et d’exploitation, garantissant une protection maximale.
- Réserves partielles de faune – classées catégorie IV, elles autorisent des activités de gestion ciblées (ex. contrôle de populations) tout en limitant la chasse.
Cette distinction repose sur le niveau de restriction et non sur la superficie ou le gestionnaire (État vs ONG).
4. Zones villageoises d’intérêt cynégétique (ZOVIC)
Les zones villageoises d’intérêt cynégétique, ou ZOVIC, sont des espaces où les communautés locales peuvent pratiquer la chasse traditionnelle sous un cadre juridique précis. Selon le Code forestier burkinabé, les ZOVIC sont classées en catégorie VI de l'UICN, ce qui les destine à une exploitation durable des ressources cynégétiques. Cette catégorie autorise la chasse à condition que les pratiques restent compatibles avec la conservation des espèces.
Les ZOVIC jouent un rôle essentiel dans la co‑gestion des aires protégées, en associant les populations locales aux objectifs de préservation.
5. Zone tampon autour d’une aire de protection faunique (article 79 du Code forestier)
L’article 79 du Code forestier impose la création d’une zone tampon autour de chaque aire de protection faunique. Son objectif principal est de réserver une bande pour des aménagements économiques compatibles avec les objectifs de protection. Cette zone sert à :
- Atténuer les pressions anthropiques (agriculture, exploitation forestière).
- Faciliter les activités de reforestation ou d’agroforesterie qui soutiennent la biodiversité.
- Offrir un espace de transition où les communautés peuvent développer des projets durables sans empiéter sur le cœur de l’aire protégée.
Contrairement à une zone d’exploitation minière, la zone tampon ne doit pas être utilisée pour des activités extractives incompatibles avec la conservation.
6. Classification des groupes d’animaux lors de la chasse sportive
Dans le cadre de la chasse sportive, les espèces ciblées sont regroupées en deux catégories :
- Groupe A : grand gibier (ex. éléphants, buffles, grands carnivores).
- Groupe B : petit gibier (ex. antilopes de petite taille, lièvres).
Cette classification détermine les quotas, les périodes d’ouverture et les exigences de permis. Elle permet également d’ajuster les taxes d’abattage en fonction de la valeur de la chasse et de l’impact écologique.
7. Instrument juridique de concession des ressources fauniques
Le droit burkinabé prévoit un mécanisme spécifique pour conférer le monopole d’exploitation des ressources fauniques à un particulier ou à une entité privée : il s’agit de la concession de gestion des ressources fauniques. Cette concession, délivrée par le ministère chargé des forêts et de la faune, précise :
- La durée de l’autorisation.
- Les espèces concernées et les quotas d’abattage.
- Les obligations de suivi et de restitution des données de chasse.
Contrairement à un simple permis de chasse, la concession crée un droit exclusif d’exploitation, soumis à des contrôles stricts et à des redevances financières.
8. Chasse sportive vs chasse traditionnelle : cadre légal et taxe d’abattage
Les deux formes de chasse au Burkina Faso diffèrent nettement sur le plan juridique :
- Chasse sportive – nécessite un permis de chasse délivré par les autorités forestières, ainsi qu’une taxe d’abattage calculée selon le groupe d’animaux (A ou B). Cette taxe finance les programmes de conservation et les actions de surveillance.
- Chasse traditionnelle – pratiquée par les communautés locales dans le cadre des ZOVIC ou des droits coutumiers, elle ne requiert ni permis ni taxe d’abattage, à condition que les pratiques restent durables et respectent les quotas communautaires.
Cette distinction vise à encourager la gestion responsable des ressources tout en reconnaissant les droits ancestraux des populations.
Conclusion
La gestion et l’aménagement des aires protégées au Burkina Faso reposent sur une articulation fine entre les normes internationales de l'UICN, le cadre juridique national (Code forestier, articles 79, concessions) et les pratiques de terrain (brûlis, zones tampons, ZOVIC). Comprendre les différences entre les catégories d’aires, les types de réserves, les groupes de gibier et les mécanismes de concession permet aux gestionnaires, aux chasseurs et aux communautés locales de contribuer efficacement à la conservation de la biodiversité tout en favorisant un développement économique durable.
En intégrant ces concepts dans les programmes de formation et les plans de gestion, le Burkina Faso renforce sa capacité à protéger ses richesses naturelles tout en respectant les besoins des populations locales.