Introduction à la faune du Burkina Faso
Le Burkina Faso, pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, possède une faune riche et variée qui joue un rôle central dans les dynamiques écologiques et les sciences de la vie. Cette ressource naturelle, souvent méconnue, soutient la sécurité alimentaire, l'économie locale et la conservation de la biodiversité. Dans ce cours, nous explorerons les concepts clés liés à la définition légale de la faune, son importance pour les populations pauvres, les aspects fiscaux de la chasse, ainsi que les critères d'identification des espèces et les réglementations internationales comme la CITES.
Définition légale de la faune selon le code forestier burkinabé
Le code forestier du Burkina Faso précise que la faune désigne l'ensemble des animaux sauvages vivant en liberté ou en captivité, à l'exclusion des poissons, mollusques et crustacés. Cette définition exclut donc les espèces aquatiques et les invertébrés, se concentrant sur les vertébrés terrestres et aériens. Elle sert de base juridique pour la gestion des ressources animales, la mise en place de programmes de conservation et la réglementation des activités de chasse.
- Animaux sauvages : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens.
- Exclusions : poissons, mollusques, crustacés.
- Statut : liberté ou captivité (zoos, réserves).
Rôle de la faune dans la sécurité alimentaire des populations pauvres
Dans les zones rurales du Burkina Faso, la faune constitue une source de protéines essentielle, souvent plus riche que la viande domestique. La chasse de subsistance permet aux ménages à faibles revenus d'accéder à des protéines de haute qualité, contribuant ainsi à la lutte contre la malnutrition. En outre, la consommation de viande sauvage diversifie l'alimentation et réduit la dépendance aux importations de produits carnés.
Les avantages nutritionnels incluent :
- Haute teneur en protéines complètes.
- Apport en fer, zinc et vitamines B.
- Faible coût comparé aux viandes d'élevage.
Fiscalité de la chasse : la taxe d’abattage
Après l'abattage d'un animal dans le cadre d'une activité de chasse, le chasseur doit s'acquitter d'une taxe d’abattage. Cette taxe, perçue par l'État, vise à financer les programmes de gestion durable des populations animales, la surveillance des aires protégées et les actions de sensibilisation. Elle diffère des taxes de capture, de transport ou de conservation, qui ne sont pas appliquées dans le contexte burkinabé.
Les principaux objectifs de la taxe d’abattage sont :
- Encourager une chasse responsable.
- Financer la recherche scientifique sur les espèces chassées.
- Contribuer aux projets de reboisement et de restauration d'habitats.
Identification des cornes : antilopes vs gazelles
Un critère déterminant pour différencier les cornes des antilopes et des gazelles réside dans le sens de la courbure et la nature des stries. Les cornes d'antilopes présentent généralement une courbure vers l'arrière avec des stries plus prononcées, tandis que celles des gazelles sont plus droites ou légèrement incurvées vers l'avant, avec des stries plus fines. Cette distinction morphologique aide les naturalistes à identifier rapidement les espèces sur le terrain.
- Antilopes : courbure arrière, stries épaisses.
- Gazelles : courbure avant ou quasi‑droite, stries fines.
Locomotion plantigrade chez les primates
Le terme plantigrade décrit une démarche où l'animal marche sur toute la plante du pied ainsi que sur le métatarse. Cette caractéristique est typique des primates, dont les humains, les lémuriens et certains singes. Contrairement aux animaux digitigrades (marche sur les doigts) ou onguligrades (marche sur les ongles), la locomotion plantigrade offre une meilleure stabilité et une plus grande capacité à manipuler des objets, ce qui est crucial pour les activités arboricoles et la préhension.
Avantages de la plantigrade :
- Stabilité accrue sur terrains variés.
- Capacité à absorber les chocs lors de la descente d'arbres.
- Facilite la posture bipède chez les humains.
Dentition pointue et technique de mise à mort chez les félins
Les membres de la famille Félidae (félins) se distinguent par une dentition pointue, incluant des canines acérées et des carnassières tranchantes. Leur méthode de mise à mort consiste souvent à infliger un bris de la colonne vertébrale, provoquant une paralysie rapide de la proie. Cette stratégie, combinée à une puissance musculaire élevée, rend les félins redoutables prédateurs dans les écosystèmes du Burkina Faso.
- Canines longues et robustes.
- Carnassières en forme de ciseaux.
- Attaque ciblée sur la région cervicale.
Annexe I de la CITES : espèces menacées d'extinction
Dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), l'Annexe I regroupe les espèces dont le commerce est strictement limité parce qu'elles sont menacées d'extinction et que le commerce représente une pression supplémentaire. Au Burkina Faso, plusieurs espèces emblématiques, comme le lion (Panthera leo) ou l'éléphant d'Afrique (Loxodonta africana), figurent sur cette liste.
Les principales implications de l'Annexe I sont :
- Interdiction du commerce commercial, sauf autorisation exceptionnelle.
- Exigence de permis d'exportation et d'importation très stricts.
- Surveillance accrue des marchés et des points de passage frontaliers.
Chasse sportive : une pratique réglementée et non lucrative
La chasse sportive au Burkina Faso est réservée aux détenteurs d'un permis de chasse sportif. Elle se caractérise par l'absence de but lucratif : les chasseurs ne vendent pas la viande ou les trophées, mais pratiquent la chasse pour le loisir, la tradition ou la gestion de la population animale. Cette forme de chasse est strictement encadrée par la législation, qui impose des quotas, des saisons et des zones spécifiques afin de garantir la durabilité des ressources.
- Permis obligatoire et formation obligatoire.
- Respect des quotas établis par le ministère de l'Environnement.
- Contribution à la conservation via les taxes d’abattage.
Conclusion : vers une gestion intégrée de la faune burkinabé
Comprendre la faune du Burkina Faso sous ses multiples aspects – juridique, nutritionnel, fiscal, morphologique et réglementaire – est indispensable pour élaborer des politiques de conservation efficaces. En combinant une définition claire du cadre légal, la reconnaissance du rôle alimentaire de la faune, une fiscalité adaptée, et le respect des conventions internationales comme la CITES, le pays peut assurer la préservation de sa biodiversité tout en soutenant les communautés locales. La sensibilisation, l'éducation et la recherche continue sont les piliers d'une gestion durable qui profitera aux générations futures.