Introduction
Comprendre le déroulement du temps et la façon dont les historiens le découpent est essentiel pour appréhender les changements sociaux, politiques et culturels. Cette leçon présente les notions fondamentales de la mesure du temps, les principaux calendriers et la notion de périodisation en histoire.
Le temps comme concept
Le temps est un concept abstrait : il est impossible de le voir ou de le toucher. Cette abstraction signifie que le temps ne peut être perçu directement par les sens, mais uniquement interprété à travers des repères et des instruments.
Contrairement à une idée reçue, le temps ne peut pas être mesuré directement avec les sens. Cette affirmation est fausse car le texte indique que le temps est un concept abstrait, non perceptible.
Outils de mesure du temps
Les sociétés ont créé divers instruments pour quantifier le passage du temps. Parmi les plus connus, on trouve :
- Cadrans solaires
- Sablier
- Horloge
- Montre
- Calendrier
- Outils numériques
Un cadran solaire utilise la position du soleil pour indiquer l’heure, tandis que le sablier, souvent considéré à tort comme moderne, est en réalité un instrument historique.
Calendriers majeurs
Le calendrier grégorien a été instauré en 1582. Il est aujourd’hui largement employé pour les échanges internationaux. Contrairement à une idée fausse, le calendrier grégorien ne compte pas toujours 365 jours ; les années bissextiles comportent 366 jours.
Parmi les autres calendriers, on retrouve le calendrier de l’Hégire, utilisé dans le monde musulman, et le calendrier hébraïque, propre à la tradition monothéiste juive.
Les différences principales entre le calendrier grégorien et le calendrier de l’Hégire sont :
- Grégorien → solaire
- Hégire → lunaire
Notion de périodisation
En histoire, la périodisation consiste à découper le temps historique en périodes distinctes. Ce découpage permet de se repérer, d’identifier des ruptures et de donner du sens aux évolutions.
Il ne s’agit pas seulement de classer les événements dans l’ordre chronologique ; la périodisation implique également le choix des dates, la mise en évidence des ruptures et l’interprétation des continuités.
Types de découpages
Différents critères peuvent guider le découpage du temps :
- Découpage décimal : décennies, siècles, millénaires – basé sur des unités de temps fixes.
- Découpage dynastique : règnes, dynasties, changements de régime – fondé sur des structures politiques.
On distingue également :
- Grandes périodes : ensembles de plusieurs siècles (ex. : Antiquité, Moyen Âge).
- Chrononymes : noms attribués à des périodes cohérentes (ex. : Renaissance).
Perspectives critiques
Jacques Le Goff décrit la périodisation comme « découper l’histoire en tranches ». Il souligne que l’histoire est continue, mais que le découpage facilite l’étude.
Contrairement à une idée répandue, Le Goff ne défend pas l’idée d’un « court Moyen Âge » limité au XVe siècle ; il propose plutôt un « long Moyen Âge » qui s’étend au-delà du XVe siècle.
L’UNESCO met en garde contre une lecture de l’histoire mondiale uniquement fondée sur les repères occidentaux, rappelant le risque de négliger d’autres perspectives.
La tradition scolaire française utilise souvent les mêmes quatre grandes périodes pour toutes les régions du monde, mais cette approche est fausse : les repères européens sont utiles pour l’Europe, mais ne s’appliquent pas automatiquement à d’autres territoires.
Applications aux territoires d’outre‑mer
Adapter la périodisation aux territoires français d’outre‑mer vise à montrer les liens entre ces territoires et l’histoire mondiale tout en reconnaissant leurs propres acteurs. Cela permet d’intégrer les histoires locales sans les isoler.
Par exemple, la Martinique possède une histoire marquée par les sociétés amérindiennes, la colonisation, la traite négrière et l’abolition, tandis que la France métropolitaine se caractérise par les dynasties, les révolutions et l’industrialisation.
Dates clés et leurs enjeux
La transition de la Préhistoire à l’Histoire est conventionnellement marquée vers 3300 av. J.-C., avec l’apparition de l’écriture en Mésopotamie. Cette date souligne l’importance de l’écrit comme repère historique, bien qu’une société sans écriture possède tout de même un passé étudiable via l’archéologie, les objets et l’oralité.
La date 1492 ne représente pas seulement la découverte de l’Amérique par les Européens. Elle marque le début de la conquête, de la colonisation et des bouleversements pour les peuples autochtones, illustrant la multiplicité des perspectives historiques.
Conclusion
La périodisation, les outils de mesure du temps et les différents calendriers constituent des repères indispensables pour structurer l’étude du passé. En adoptant une approche critique et en tenant compte des spécificités locales, les historiens peuvent offrir une vision plus inclusive et nuancée de l’histoire mondiale.


