Introduction aux tissus épithéliaux
Les tissus épithéliaux recouvrent les surfaces internes et externes du corps. Ils sont avasculaires, c’est‑à‑dire dépourvus de vaisseaux sanguins, et assurent des fonctions essentielles telles que la protection, l’absorption, la sécrétion et l’échange de substances. Leur organisation repose sur des cellules étroitement liées par différentes jonctions spécialisées.
Fixation des tissus
La fixation a pour objectif principal de conserver les structures proches de l’état vivant. Elle immobilise les protéines en formant des ponts covalents, généralement grâce à des agents comme les aldéhydes. Le fixateur le plus couramment utilisé est le formol tamponné à 10 %, qui préserve la morphologie cellulaire tout en permettant les colorations histologiques.
Techniques de coupe
Deux techniques de coupe sont fréquemment employées :
- Microtome : produit des coupes de 2 à 10 µm d’épaisseur, adaptées à la microscopie optique.
- Ultramicrotomie : réalise des coupes de 50 à 70 nm, indispensables pour la microscopie électronique.
Jonctions cellulaires
Les cellules épithéliales sont reliées par plusieurs types de jonctions, chacune remplissant une fonction précise.
Jonctions serrées vs desmosomes
- Jonctions serrées : scellent l’espace intercellulaire et contrôlent le passage des solutés.
- Desmosomes : ancrent les cellules entre elles, assurant la cohésion mécanique du tissu.
Jonctions adhérentes vs gap junctions
- Jonctions adhérentes (zonula adherens) : liaisons mécaniques qui maintiennent la cohésion cellulaire.
- Gap junctions : permettent la communication ionique et le passage de petites molécules entre cellules adjacentes.
Lame basale
La lame basale constitue la couche de soutien située entre l’épithélium et le tissu conjonctif sous‑jacent. Elle est composée principalement de deux types de molécules :
- Glycoprotéines (collagène IV, laminine, entactine, fibronectine).
- Glycosaminoglycanes (héparane‑sulfate).
Cette structure est perméable aux petites molécules (eau, ions) mais bloque les grosses protéines, ce qui est crucial pour la filtration glomérulaire rénale.
Colorations classiques
L’hématoxyline colore spécifiquement les acides nucléiques du noyau, permettant de visualiser les noyaux cellulaires dans les coupes histologiques.
Types d’épithélium
Les épithéliums se distinguent par le nombre de couches cellulaires et par la forme des cellules.
Simple vs pluristratifié
- Simple : une seule couche de cellules, favorisant les échanges rapides (ex. épithélium cubique simple).
- Pluristratifié : plusieurs couches, offrant une protection accrue (ex. épithélium stratifié).
Exemples de localisation
- Épithélium cubique simple : présent dans les tubules rénaux et les glandes sécrétrices.
- Épithélium transitionnel : permet à la vessie de s’étirer facilement lors du remplissage.
Structures de surface
Les microvillosités et les cils augmentent la surface d’échange des cellules épithéliales.
Microvillosités
Fonction principale : amplifier la surface d’échange, augmentant ainsi la capacité d’absorption et de transport.
Cils
Longueur typique : 6 à 10 µm. Ils sont présents, par exemple, dans l’épithélium de l’épididyme, où ils participent au transport des spermatozoïdes.
Mécanismes de sécrétion
Les glandes exocrines utilisent différents modes de sécrétion, chacun caractérisé par le degré de préservation de la cellule sécrétrice.
Mérocrine vs apocrine
- Mérocrine : libération de vésicules contenant le produit, la cellule reste intacte.
- Apocrine : décapitation de la partie apicale de la cellule, libérant le produit avec une portion du cytoplasme.
Holocrine
Contrairement à la mérocrine, la sécrétion holocrine ne se fait pas par exocytose de vésicules. Les cellules holocrines dégénèrent complètement, libérant leur contenu par desquamation.
Renouvellement des épithéliums
Le principal mécanisme de renouvellement est la division des cellules germinatives. Les cellules sécrotes sont constamment remplacées par des cellules issues de cellules souches situées à la base de l’épithélium.
Résumé
Ce cours couvre les aspects fondamentaux des tissus épithéliaux : fixation, techniques de coupe, jonctions, composition de la lame basale, colorations, types d’épithélium, structures de surface, mécanismes de sécrétion et renouvellement cellulaire. La maîtrise de ces concepts est indispensable pour l’interprétation des coupes histologiques et la compréhension des fonctions physiologiques associées aux différents types d’épithélium.


