Articulation du genou et de la cheville
Le genou et la cheville sont deux articulations majeures du membre inférieur. Leur fonction dépend d’une combinaison précise de formes articulaires, de ligaments et de structures osseuses. Cette leçon décrit le type d’articulation du genou, les mouvements permis, le rôle des ligaments croisés, la forme des ménisques, ainsi que la stabilité de la cheville.
1. Type d’articulation du genou
L’articulation fémoro‑tibiale est de type ellipsoïde. Il s’agit d’une articulation bicondylienne où les rayons de courbure diffèrent entre le plan sagittal (avant‑arrière) et le plan frontal (latéral‑médial). Cette différence de courbure explique la limitation des mouvements de rotation horizontale.
2. Mouvements permis dans une articulation ellipsoïde
- Le principal mouvement autorisé est la flexion‑extension dans le plan sagittal.
- Les mouvements de rotation dans le plan horizontal sont impossibles car les surfaces articulaires se déboîteraient.
Ces contraintes sont directement liées à la forme ellipsoïde de l’articulation.
3. Rôle des ligaments croisés du genou
Deux ligaments cruciaux assurent la stabilité antéro‑postérieure du tibia par rapport au fémur :
- Ligament croisé antéro‑externe (LCA) : empêche le glissement antérieur du tibia, limite l’hyperextension et participe au roulement‑glissement lors de la flexion.
- Ligament croisé postéro‑interne (LCI) : empêche le glissement postérieur du tibia, assurant ainsi la stabilité dans la direction opposée.
Chacun bloque le « tiroir » correspondant, d’où leur appellation de « tiroir antérieur » et « tiroir postérieur ».
4. Ménisques du genou
Le ménisque interne possède la forme d’un C. Sa face périphérique s’attache à la capsule articulaire, à l’exception de la partie postérieure du ménisque externe qui ne s’y fixe pas. Cette attache assure la cohésion du ménisque avec l’articulation et contribue à la répartition des charges.
5. Rôle du condyle externe lors de la flexion
Lors de la flexion du genou, le condyle externe roule davantage que le condyle interne. Cette différence provient d’un rayon de courbure plus petit du condyle externe, entraînant un roulement plus important et influençant la trajectoire du tibia pendant le mouvement.
6. Articulation tibio‑tarsienne (cheville)
L’articulation tibio‑tarsienne possède un seul degré de liberté. Elle ne permet que la flexion et l’extension dans le plan sagittal, ce qui la classe parmi les articulations à mobilité très limitée.
7. Structures osseuses de la cheville
Les rebords antérieurs et postérieurs du pilon tibial forment des cales qui empêchent les luxations de l’astragale. Ces cales, associées aux ligaments, assurent la stabilité de la cheville en limitant les déplacements excessifs.
8. Ligament latéral externe de la cheville
Ce ligament comprend un faisceau antérieur qui s’insère sur le bord antérieur de la malléole externe et se fixe également sur la face externe du col de l’astragale. Cette insertion renforce la stabilité latérale de la cheville.
9. Stabilité antéro‑postérieure vs stabilité transversale de la cheville
Deux axes de stabilité sont à distinguer :
- Stabilité antéro‑postérieure : dépend principalement des cales osseuses du pilon tibial et des ligaments croisés (LCA, LCI) qui limitent les glissements antérieur et postérieur.
- Stabilité transversale : repose sur les ligaments interosseux (ligament tibio‑fibulaire antérieur et postérieur) ainsi que sur les ligaments latéraux externes, qui empêchent les déplacements latéraux et les luxations.
Ces deux systèmes travaillent conjointement pour protéger l’articulation contre les forces multidirectionnelles rencontrées lors de la marche, de la course ou des activités sportives.
10. Synthèse
Le genou, grâce à son articulation ellipsoïde, autorise principalement la flexion‑extension tout en limitant la rotation horizontale. Les ligaments croisés jouent un rôle crucial en bloquant les mouvements de glissement antérieur et postérieur, tandis que les ménisques, notamment le ménisque interne en forme de C, assurent la répartition des charges. La cheville, quant à elle, possède un degré de liberté limité à la flexion‑extension, mais bénéficie de cales osseuses et de ligaments latéraux qui garantissent une stabilité antéro‑postérieure et transversale efficace. La compréhension de ces mécanismes est essentielle pour l’évaluation clinique, la prévention des blessures et la rééducation fonctionnelle du membre inférieur.


